Armoiries de St-Alexis

Armoiries de St-Alexis

À dextre de gueules au lion d’argent  lampassé d’or tenant des deux pattes de devant une croix latine recroisettée d’or qui est de Le Gardeur de Repentigny surmontée d’une merlette d’or qui est des De Lanaudière.

À senestre d’azur d’un monogramme d’argent de Saint-Sulpice surmonté d’une merlette d’or qui est des De Lanaudière.

Au pal de sable brochant sur la pointe de l’église d’argent surmontée d’une gerbe de blé d’or. 

Au chef de sinople chargé d’une coquille d’or qui est de Saint-Jacques accompagnée à dextre d’une étoile d’argent et à senestre d’une fleur-de-lys d’argent qui est de Nouvelle-France.

En 1647, Jean Talon concède à Pierre Le Gardeur de Repentigny le territoire entre les seigneuries de Terrebonne et de Saint-Sulpice.  Immense, cette seigneurie de Repentigny maintes fois divisée et vendue prendra les noms de Lachenaie et de L’Assomption.  Dans celle-ci, Raymond Martel taillera deux fiefs :  l’un, « Bailleul », 21 arpents de largeur sera la Petite Ligne et l’autre, « Fief Martel », 22 arpents de largeur, longeant le « Bailleul » à l’ouest, d’abord parallèlement puis en obliquant vers Lachenaie. 

Les Le Gardeur, premiers seigneurs de la partie sud-ouest de la Grande Ligne avaient des armoiries comprenant un lion portant une croix, symbole de leur courage et de leur ardeur à propager la foi chrétienne.

La Grande Ligne séparait cette seigneurie de celle de Saint-Sulpice, au nord-est.  Celle-ci fut concédée en 1640 aux Associés de Notre-Dame de Montréal puis aux Sulpiciens.

Cette seigneurie de Saint-Sulpice avait comme signe distinctif le MARIA des Sulpiciens, M et A, premières latines inversées du mot Ville-Marie, premier nom de Montréal, Marianopolis dont les Prêtres de Saint-Sulpice étaient curés et seigneurs de même que de la seigneurie du même nom.

Saint-Alexis faisait partie de ces deux seigneuries, Repentigny et Saint-Sulpice.   Leurs armoiries rappellent ici cette appartenance.

La bande centrale – le pal – de couleur noire (sable) représente la Grande Ligne qui limite les deux seigneuries et la fertilité de ses fermes.

L’église, si magnifique de Victor Bourgeau se doit de figurer dans ces armoiries.  N’est-ce pas ses rassemblements dominicaux qui nous ont façonnés ?

La gerbe de blé d’or célèbre la principale vocation de la paroisse : l’agriculture.  Céréales, tabac, légumes, acériculture, tout y croît à profusion.

Les deux merlettes signifient que Saint-Alexis est dans la région de Lanaudière (1965, dans Laurentides-Lanaudière, et depuis 1987, dans Lanaudière).  Ce dernier nom est celui d’une illustre famille canadienne dont l’un des membres, Charles-Gaspard devint seigneur de Lavaltrie par son mariage avec Suzanne-Antoinette Margane De Lavaltrie.  Ce territoire s’étend de Repentigny à Saint-Barthélémy, Saint-Donat, Saint-Lin, Terrebonne et Lachenaie.

Voilà le portrait territorial de Saint-Alexis.

Voici celui de son peuplement dans la partie supérieure de l’écu.

Depuis plus de cinq siècles, l’usage s’est répandu de blasonner les « Saint-Jacques » avec des coquilles qui rappellent celles du pèlerinage international de Saint-Jacques de Compostelle d’Espagne.  Or, en 1852, la paroisse de Saint-Alexis fut détachée de celle de Saint-Jacques.  La coquille rappelle ici cette parenté avec la paroisse-mère.

En 1766-67, des déportés d’Acadie en Nouvelle-Angleterre reçurent des Sulpciens ces terres fertiles à nulle autre pareilles.  L’étoile mariale d’argent d’Acadie évoque cette ascendance acadienne.

Dès les débuts, aux Acadiens s’est joint l’élément néo-français des seigneuries voisines qui, jusqu’en 1763, étaient de Nouvelle-France.  La fleur-de-lys du Roi de France illustre cette appartenance.

Enfin, les minéraux (or et argent) et les émaux (couleurs) esquissent le portrait moral de la population.

L’or : sa foi, sa constance, son aisance, sa générosité.

L’argent : son honnêteté et la fertilité de ses terres.

L’azur : la douceur de ses côteaux.

Le gueules (rouge) : son courage à s’adapter aux cultures nouvelles.

Le sable (noir) : la qualité de son sol.

Le sinople (vert) : ses succulentes érablières.

DEVISE :

PATER  MEUS AGRICOLA (Jean XV,1) :

– MON PÈRE EST AGRICULTEUR –

Elle décrit fort bien l’occupation principale, sinon longtemps unique de la grande majorité des familles.

François Lanoue, prêtre

Curé de Saint-Alexis (1973-1985)